tract du 9 novembre 2015

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1)

De quoi, de qui
voudrait-on qu’on ait peur ?

Pour les 9es Rencontres que nous organisons le 16 janvier 2016 nous avons choisi de concentrer nos échanges sur les deux points qui nous semblent les plus brûlants aujourd’hui :

– Les migrants et le mythe de l’envahissement
Au delà de l’émotion et de la compassion devant la noyade médiatisée d’un enfant (70 autres enfants sont morts noyés depuis) quelle solidarité manifestons-nous ? quelles peurs utilisent les politiciens à courte vue et leurs médias ? L’Europe ne doit-elle pas, plutôt ouvrir ses frontières que renforcer une forteresse policière meurtrière et inopérante ?

– Les musulmans et le mythe du grand remplacement
Nous ne défendons pas les religions, pas plus l’islam que les autres. Nous défendons les personnes qui sont discriminées pour le seul fait qu’elles sont musulmanes ou qu’il est possible qu’elles le soient. à ces femmes et à ces hommes on leur dit, au mieux, de rester invisibles ou de partir et au pire on les assimile au terrorisme.

Sur ces deux thèmes, nous débattrons avec des spécialistes des migrations et de l’histoire coloniale, des sociologues et des personnes confrontées à un racisme quotidien qui, pour ne pas dire son nom, se sert de l’islam.

 

2)

Migrants :
le Pays Voironnais doit être solidaire

Prenez vos responsabilités… ne cédez pas aux discours racistes et xénophobes… La campagne de signatures se poursuit et nous remettrons très prochainement la pétition aux élus.*
La solidarité avec les migrants, tous les migrants, ne doit pas être l’occasion, l’excuse, pour réduire la solidarité nécessaire avec toutes les personnes, tous les humains, en difficulté passagère ou chronique.

Monter les SDF contre les migrants, les anciens migrants contre les nouveaux, les précaires contre les chômeurs, les travailleurs contre les SDF… est un discours de riches, de très riches, qui veulent le rester en manipulant des pauvres contre les pauvres. Discours indigne, discours de classe.

 

3)

SOLIDAIRES

Oui   nous sommes solidaires de ces milliers de migrants qui fuient les guerres, certaines initiées par nos gouvernants pour des considérations géostratégiques à double tranchant.
Oui   nous sommes solidaires de ces migrants qui fuient la misère de leur pays ravagés par des plans d’ajustements structurels décidés par la Banque mondiale et le FMI.
Oui   nous sommes solidaires de ces migrants qui fuient les bouleversements climatiques générés par une croissance débridée.
Migrants, clandestins, sans papiers, réfugiés, peu nous importe leur nom, ils fuient pour sauver leur peau… pour vivre  !

Cette misère, ces guerres et dictatures sont en très grande partie causées par la politique de nos gouvernants et les multinationales, très souvent complices et soutiens de dictatures locales, pillant les richesses, détruisant les économies locales et écrasant les peuples .
Conséquence du pillage des ressources, conséquence des cures… d’austérité, toutes ces politiques enrichissent les riches et appauvrissent les pauvres. Politiques qui visent à nous dresser les uns contre les autres. Contre l’étranger qui vient pour « les allocs », contre le chômeur « l’assisté », contre celui qui pratique une autre religion (on ne sait jamais…).
Pourtant ce ne sont pas eux qui délocalisent nos usines, licencient, dérégulent le code du travail et les services publics. Là où il conviendrait de dénoncer et combattre la mondialisation capitaliste et ses effets nocifs on croit tout avoir dit quand on désigne un bouc émissaire.
Mais il ne s’agit pas de nier le sentiment d’abandon et de désarroi des classes populaires et moyennes face à la montée du chômage, du vécu d’insécurité, d’un mal être qui se généralise.
Mais accuser « l’étranger » ou « l’émigré » ou le chômeur, « le pauvre » de vivre à nos crochets est un discours démagogue et faux.
Depuis des décennies les politiques menées par nos gouvernants préparent le terrain à la droite la plus réactionnaire et à l’extrême-droite. Si nous ne voulons pas d’une société repliée sur elle-même, vivre dans la peur de l’autre il nous faut se mobiliser (re)mettre la question sociale au cœur de nos pensées et actes politiques et travailler à la réappropriation de nos valeurs, celles des droits humains et des conquêtes sociales.