Voir où ça brûle : l’utilité des cartes antifascistes

L’extrême droite s’organise, et nous ?

Depuis plusieurs années, les attaques racistes, sexistes, homophobes, transphobes, islamophobes, antisémites ou antiféministes se multiplient. Tags, menaces, agressions physiques, rassemblements armés : ces actes ne sont pas isolés. Ils s’inscrivent dans une dynamique politique de plus en plus structurée.

Derrière ces passages à l’acte se dessine une géographie militante de l’extrême droite radicale. Et cette géographie, des collectifs antifascistes comme La Horde ou StreetPress ont choisi de la mettre en lumière. Leurs cartes ne sont pas de simples infographies : ce sont des outils de résistance, de pédagogie, et de mobilisation.

Pourquoi ces cartographies sont précieuses

Ces cartes permettent :

  • de rendre visible l’implantation locale de groupes dangereux, parfois peu connus mais bien actifs sur le terrain ;
  • de montrer les liens idéologiques entre mouvances, même lorsqu’elles se cachent derrière des labels “patriotes” ou “culturels” ;
  • d’outiller les personnes concernées ou engagées, en leur donnant des repères pour agir localement, informer, alerter, documenter.

On ne peut pas lutter contre ce qu’on ne voit pas. Grâce à ces cartographies, l’extrême droite perd de son opacité — et donc, de sa puissance d’intimidation.

La Horde : une analyse critique et visuelle du paysage faf

Deux projets complémentaires

  • Une carte des groupes locaux (dernière version en juillet 2024) → Voir la carte
  • Un schéma de l’extrême droite régulièrement mis à jour (idéologies, liens, tendances) → Voir le schéma
  • Une approche engagée, antifasciste, avec des outils pour comprendre sans surévaluer les forces en présence.

StreetPress : la CartoFaf, une enquête participative et interactive

  • Plus de 320 sections locales recensées dans 130 villes françaises
  • Une carte en ligne interactive
  • Chacun·e peut signaler, contribuer, enrichir cette carte
  • Le tout, financé par les lecteurs et lectrices → Si ça vous tente ?

Ce que ça nous dit… et ce qu’on en fait

Ces outils nous rappellent plusieurs choses :

  • L’extrême droite n’est pas un fantasme, elle est implantée, visible et active.
  • L’antifascisme se construit, s’organise sur le terrain.
  • La veille, la documentation, le partage de ressources sont des actes militants.
  • Et surtout : la lutte contre l’extrême droite est aussi une lutte pour le droit à la sécurité, à l’expression, à la solidarité, partout.

Et maintenant ?

À RLF, on salue ces initiatives qui croisent journalisme indépendant et engagement antifasciste.
On encourage chacun·e à consulter ces cartes, à en parler autour de soi, à les utiliser dans des formations, des réunions, des tracts ou des argumentaires.
Et on reste mobilisé·es pour qu’aucun territoire ne devienne un terrain conquis.

Autocollant La Horde noté "Le nationalisme ne résoud pas les crises (ça se saurait) il s'en nourrit !